Négocier son salaire et comparer des offres d'emploi
Comment négocier son salaire à l'embauche, demander une augmentation, comparer la rémunération globale de deux offres d'emploi, évaluer un revenu d'appoint et investir dans sa formation au Québec.
3 min de lecture · Mis à jour le 2026-11-05
Négocier à l'embauche
Se préparer
La négociation se gagne avant la rencontre :
- Connaître le marché : salaires du poste dans votre région sur IMT en ligne (Québec), Guichet-Emplois (Canada) et dans des offres semblables.
- Connaître sa valeur : formation, expérience, réalisations concrètes.
- Fixer son minimum acceptable.
- Préparer une fourchette dont le bas dépasse déjà votre minimum.
- Pratiquer sa réponse à voix haute.
Exemple : les postes semblables paient de 52 000 $ à 58 000 $, votre minimum est de 54 000 $. Vous proposez de 55 000 $ à 58 000 $.
Pourquoi ça vaut la peine
Une hausse obtenue à l'embauche sert de base à toutes les augmentations futures. Avec 50 000 $ au départ, négocier 4 % de plus et recevoir ensuite 3 % par année donne un écart de 2 060 $ dès la deuxième année, qui continue de grandir.
Si le salaire ne bouge pas, négociez autre chose : vacances, horaire, télétravail, formation payée, prime à la signature.
« Négocier, c'est risquer de perdre l'offre. »
MYTHE. Une demande polie, appuyée par des faits, est normale. Au pire, l'employeur dit non, et l'offre initiale reste sur la table dans la plupart des cas.
Demander une augmentation
Les bons arguments
Ce qui convainc un employeur, c'est la valeur que vous apportez :
- des résultats concrets : « j'ai réduit les erreurs de facturation de moitié » ;
- de nouvelles responsabilités : « je forme maintenant les nouveaux employés » ;
- une nouvelle compétence utile au poste.
Votre loyer, votre auto ou le salaire d'un voisin ne sont pas des arguments.
Le bon moment et la suite
Les meilleurs moments : l'évaluation annuelle, après un succès, avant que les budgets de l'année suivante soient fixés.
Si la réponse est non, demandez ce qu'il faudrait accomplir et quand en reparler. Et rappelez-vous : une hausse plus petite que l'inflation fait baisser votre pouvoir d'achat.
Comparer deux offres
La rémunération globale
Le salaire n'est qu'une partie de ce que vous recevez. Additionnez :
- la cotisation de l'employeur au régime de retraite ou au REER collectif ;
- les assurances collectives (que vous paieriez autrement vous-même) ;
- les primes, les jours de vacances, la formation payée.
Puis soustrayez ce que l'emploi coûte : transport, stationnement, temps de route.
Exemple : offre A, 60 000 $ sans avantages ; offre B, 56 000 $ plus 5 % de jumelage REER (2 800 $) et des assurances qui vous coûteraient 1 500 $. B vaut 60 300 $.
Un détail fiscal du Québec
Au Québec, la part de l'assurance maladie collective payée par l'employeur est un avantage imposable pour l'impôt du Québec (pas pour le fédéral). Elle reste avantageuse, mais elle augmente un peu votre impôt.
Le calculateur Taux horaire et salaire convertit un taux horaire en salaire annuel pour comparer.
Revenu d'appoint et formation
Un revenu d'appoint rentable ?
Calculez le vrai taux horaire : ce que vous recevez, moins les frais (essence, matériel, commissions), divisé par les heures. Livrer des repas pour 300 $ avec 80 $ d'essence en 20 heures, c'est 11 $ de l'heure, avant impôt.
Tout revenu doit être déclaré, et personne ne retient d'impôt sur un revenu autonome : mettez-en une partie de côté. Et surveillez votre fatigue : un revenu d'appoint ne doit pas mettre en danger votre emploi principal.
Investir en soi
Une formation est souvent un excellent placement. Comparez son coût total (frais, matériel, revenu perdu) à la hausse de revenu espérée. Des aides existent :
- crédits d'impôt pour frais de scolarité admissibles, au fédéral et au Québec ;
- formation payée par l'employeur : demandez-le ;
- le REEP, qui permet de retirer temporairement de son REER pour retourner aux études à temps plein, puis de rembourser.
Méfiez-vous des formations très courtes et très chères qui promettent un « emploi garanti » très payant. Vérifiez les débouchés réels et la réputation avant de payer.