Le CELI : plafond 2026, retraits et pièges à éviter
Tout sur le CELI : qui peut en ouvrir un, plafond 2026 et droits cumulés, retraits, transferts, placements permis, décès et erreurs qui coûtent cher.
8 min de lecture · Mis à jour le 2026-11-05
En bref
- Le CELI (compte d'épargne libre d'impôt) laisse vos placements grandir sans impôt, et tous les retraits sont libres d'impôt.
- Le plafond est de 7 000 $ en 2026. Les droits s'accumulent dès 18 ans, même sans compte : jusqu'à 109 000 $ pour une personne admissible depuis 2009.
- Un retrait vous redonne vos droits, mais seulement le 1er janvier suivant. Recotiser trop tôt coûte 1 % par mois.
- Le CELI n'est pas qu'un compte d'épargne : il peut contenir des CPG, des FNB ou des actions.
Comment fonctionne le CELI
Le principe
Le CELI fonctionne en trois temps :
- Vous cotisez avec de l'argent déjà imposé : la cotisation n'est pas déductible.
- Vos placements grandissent sans impôt : intérêts, dividendes et gains en capital.
- Vous retirez quand vous voulez, sans aucun impôt.
Exemple : vous placez 10 000 $ dans votre CELI. Des années plus tard, ce montant vaut 25 000 $. Vous retirez les 25 000 $ sans payer d'impôt sur les 15 000 $ de rendement. Dans un compte non enregistré, une partie de ce rendement aurait été imposée.
Un avantage souvent oublié
Les retraits d'un CELI ne sont pas un revenu pour l'impôt. Ils n'ont donc aucun effet sur les prestations et crédits calculés selon le revenu : crédit pour la TPS, crédit d'impôt pour solidarité, allocations pour enfants et, à la retraite, Supplément de revenu garanti et pension de la Sécurité de la vieillesse.
C'est pourquoi le CELI est aussi un excellent outil pour la retraite, pas seulement pour les projets à court terme.
Que peut-on y mettre ?
Presque tous les placements courants :
- compte d'épargne à intérêt élevé ;
- CPG ;
- obligations ;
- fonds communs et FNB ;
- actions cotées en Bourse.
Le nom est trompeur : un CELI n'est pas seulement un compte d'épargne. Pour un objectif à long terme, laisser son CELI dans un compte à faible taux pendant des années fait perdre l'essentiel de son avantage.
Les dividendes d'actions américaines détenues dans un CELI subissent une retenue d'impôt des États-Unis (habituellement 15 %) qui ne peut pas être récupérée. Dans un REER, cette retenue ne s'applique généralement pas. Pour les actions canadiennes, le CELI ne pose pas ce problème.
Qui peut cotiser et combien
Les conditions
Pour cotiser à un CELI, il faut :
- avoir 18 ans ou plus ;
- être résident du Canada ;
- avoir un numéro d'assurance sociale valide.
Vos droits s'accumulent chaque année à partir de vos 18 ans (ou depuis 2009, l'année de création du CELI), tant que vous êtes résident du Canada, même si vous n'avez jamais ouvert de compte.
Les plafonds année par année
| Années | Plafond annuel |
|---|---|
| 2009 à 2012 | 5 000 $ |
| 2013 et 2014 | 5 500 $ |
| 2015 | 10 000 $ |
| 2016 à 2018 | 5 500 $ |
| 2019 à 2022 | 6 000 $ |
| 2023 | 6 500 $ |
| 2024 à 2026 | 7 000 $ |
Une personne qui avait 18 ans en 2009, qui a toujours été résidente du Canada et qui n'a jamais cotisé dispose de 109 000 $ de droits en 2026. Le plafond est indexé à l'inflation, par tranches de 500 $.
Exemple : Mathis a eu 18 ans en 2021. Ses droits en 2026 : 6 000 $ × 2 (2021 et 2022) + 6 500 $ + 7 000 $ × 3 = 39 500 $, s'il n'a jamais cotisé.
Vos droits exacts
Vos droits disponibles sont affichés dans Mon dossier, sur le site de l'Agence du revenu du Canada. Attention : ce montant est mis à jour avec un délai, à partir des renseignements transmis par les institutions. Si vous avez cotisé ou retiré cette année, faites votre propre calcul.
Vous pouvez avoir plusieurs CELI dans plusieurs institutions, mais vos droits sont un seul total pour l'ensemble. C'est à vous d'en faire le suivi.
Retraits et droits récupérés
La règle du 1er janvier
Vous pouvez retirer de votre CELI en tout temps (sauf si l'argent est dans un placement bloqué, comme un CPG non encaissable). Le montant retiré est ajouté à vos droits le 1er janvier de l'année suivante, et non tout de suite.
Exemple : Julie a 7 000 $ de droits en 2026. En février, elle cotise 7 000 $. En juin, elle retire 3 000 $ pour un imprévu.
- Si elle remet ces 3 000 $ en septembre 2026, elle est en surcotisation de 3 000 $ : ses droits de 2026 sont déjà utilisés.
- Si elle attend au 1er janvier 2027, elle retrouve ces 3 000 $ de droits, en plus du nouveau plafond de 2027.
Changer d'institution
Pour déplacer votre CELI d'une banque à une autre, demandez un transfert direct à la nouvelle institution. Un transfert direct n'affecte pas vos droits. Un retrait suivi d'une nouvelle cotisation, lui, compte comme une cotisation, et peut créer une surcotisation.
Certaines institutions facturent des frais de transfert ; la nouvelle institution accepte parfois de les rembourser.
Les pièges à éviter
Les erreurs qui coûtent cher
1. La surcotisation. L'erreur la plus fréquente. L'Agence du revenu du Canada impose 1 % par mois sur le montant excédentaire le plus élevé du mois, tant qu'il n'est pas retiré. Les retraits et recotisations dans la même année en sont souvent la cause.
2. Laisser dormir son argent. Un CELI de 20 000 $ à 1 % pendant 20 ans donne environ 24 400 $. Le même montant placé à 5 % donne environ 53 000 $. L'avantage fiscal ne vaut que si les placements rapportent.
3. Faire du « day trading » dans son CELI. Si l'Agence du revenu du Canada juge que vous exploitez une entreprise de négociation de titres (achats et ventes très fréquents), les gains peuvent devenir imposables, même dans un CELI.
4. Cotiser en étant non-résident. Vous pouvez garder votre CELI si vous quittez le Canada, mais vous n'accumulez plus de droits, et toute cotisation faite pendant que vous êtes non-résident est pénalisée de 1 % par mois.
5. Détenir un placement non admissible. Certains placements (par exemple des actions d'une société que vous contrôlez) sont interdits dans un CELI et entraînent de lourdes pénalités. Les placements offerts par les banques et courtiers sont presque toujours admissibles.
« Les intérêts payés sur un prêt pour cotiser à mon CELI sont déductibles. »
MYTHE. Les intérêts d'un prêt contracté pour cotiser à un CELI ne sont pas déductibles. Emprunter pour investir dans un CELI est rarement une bonne idée.
Au décès
Au décès, la valeur du CELI au moment du décès passe aux héritiers sans impôt. Les gains réalisés après le décès, eux, peuvent devenir imposables.
Si votre conjoint devient titulaire remplaçant, le CELI continue à son nom, sans impôt et sans toucher à ses propres droits. Au Québec, cette désignation se fait généralement par testament, sauf pour certains produits d'assurance. Vérifiez votre testament avec votre notaire.
Ce que le CELI peut rapporter
Sur 30 ans
Le vrai pouvoir du CELI apparaît avec le temps. Supposons 7 000 $ cotisés chaque année pendant 30 ans, avec un rendement moyen de 5 % :
| Montant | |
|---|---|
| Total cotisé | 210 000 $ |
| Valeur après 30 ans | environ 465 000 $ |
| Rendement accumulé | environ 255 000 $ |
| Impôt à payer au retrait | 0 $ |
Dans un compte non enregistré, une partie de ces 255 000 $ aurait été imposée chaque année ou à la vente. Le rendement n'est jamais garanti, mais l'avantage fiscal, lui, est certain.
Le calculateur Intérêts composés permet de refaire ce calcul avec vos propres montants.
À la retraite
Un retraité qui a un petit revenu peut recevoir le Supplément de revenu garanti, qui diminue quand le revenu augmente. Un retrait de 5 000 $ d'un REER ou d'un FERR peut réduire ce supplément ; le même retrait d'un CELI ne change rien. Pour les personnes qui prévoient un revenu modeste à la retraite, le CELI est souvent le meilleur compte.
Bien utiliser son CELI
Trois usages
| Usage | Placements possibles | Pourquoi le CELI |
|---|---|---|
| Fonds d'urgence | Épargne à intérêt élevé, CPG encaissable | Argent accessible, retraits sans impôt |
| Projet dans 2 à 5 ans | CPG, obligations, portefeuille prudent | Pas d'impôt sur les intérêts |
| Long terme et retraite | FNB, fonds, actions | Croissance et retraits sans impôt, sans effet sur les prestations |
On peut combiner les trois dans un seul CELI, ou ouvrir plusieurs CELI pour séparer les objectifs, tant que le total respecte vos droits.
CELI, REER ou CELIAPP ?
- Pour une première maison, le CELIAPP est généralement plus avantageux, puisque la cotisation est en plus déductible.
- Pour la retraite, la comparaison avec le REER dépend de votre taux d'imposition aujourd'hui et à la retraite.
Le guide CELI ou REER : lequel choisir ? compare les deux avec des exemples, et le calculateur Objectif d'épargne vous aide à planifier vos cotisations.
Questions fréquentes
Quel est le plafond du CELI en 2026 ?
Le plafond annuel est de 7 000 $ en 2026. Avec les droits inutilisés des années passées, une personne admissible depuis 2009 qui n'a jamais cotisé peut cotiser 109 000 $.
Peut-on retirer de son CELI quand on veut ?
Oui, en tout temps et sans impôt, sauf si l'argent est dans un placement bloqué. Le montant retiré redevient disponible comme droits de cotisation le 1er janvier suivant.
Que se passe-t-il si je cotise trop à mon CELI ?
L'excédent est pénalisé de 1 % par mois tant qu'il reste dans le compte. Retirez-le dès que vous vous en rendez compte ; l'Agence du revenu du Canada vous enverra ensuite une lettre.
Les gains dans un CELI sont-ils imposables ?
Non. Les intérêts, les dividendes et les gains en capital réalisés dans un CELI ne sont pas imposés, et les retraits non plus. Exception : si vous y exploitez une entreprise de négociation de titres.
Un CELI peut-il perdre de l'argent ?
Oui, si les placements à l'intérieur baissent. Le CELI protège de l'impôt, pas des pertes. Une perte dans un CELI ne peut pas être déduite de vos autres gains.
Faut-il un CELI dans sa propre banque ?
Non. Vous pouvez ouvrir un CELI dans n'importe quelle institution financière ou chez un courtier, et même en avoir plusieurs. Comparez les frais et les placements offerts.