Étudiants au Québec : prêts et bourses, impôts et premier emploi
Prêts et bourses, impôts des étudiants, frais de scolarité, revenus d'appoint, première paie et premier appartement : bien démarrer au Québec.
9 min de lecture · Mis à jour le 2026-11-05
En bref
- Le Programme de prêts et bourses du Québec aide à payer les études postsecondaires. La bourse ne se rembourse pas ; le prêt, oui, à partir de six mois après la fin des études.
- Faites vos impôts même avec un petit revenu : c'est ce qui donne accès au crédit pour la TPS, au crédit pour solidarité et au remboursement de l'impôt retenu sur vos paies.
- Vos frais de scolarité donnent des crédits d'impôt que vous pouvez reporter à plus tard ou, en partie, transférer à un parent.
- Tout revenu d'appoint se déclare, et personne ne retient d'impôt dessus : mettez-en une partie de côté.
Payer ses études
Le Programme de prêts et bourses
Au Québec, l'Aide financière aux études offre le Programme de prêts et bourses pour les études professionnelles, collégiales et universitaires, selon votre situation et celle de vos parents ou de votre conjoint.
- La bourse ne se rembourse pas.
- Le prêt se rembourse, mais pas pendant vos études à temps plein.
- La demande se fait en ligne, chaque année, et ne coûte rien.
Même si vous pensez ne pas y avoir droit, faites le calcul : les règles tiennent compte de plusieurs éléments (logement, distance, enfants, revenu des parents). Beaucoup d'étudiants sont surpris du résultat.
Rembourser le prêt
- Six mois après la fin de vos études, votre institution financière vous envoie un avis avec le montant des paiements.
- Pendant ces six mois, vous pouvez commencer à rembourser, payer seulement les intérêts, ou attendre l'avis. Dans ce dernier cas, les intérêts de la période s'ajoutent au prêt.
- Le taux est le taux préférentiel plus 0,50 %, ou un taux fixe convenu avec l'institution.
- Les intérêts payés donnent droit à un crédit d'impôt.
- En cas de difficulté, le programme de remboursement différé peut réduire vos paiements, par périodes renouvelables de six mois.
Si vous arrêtez de rembourser, votre dossier passe au recouvrement : vos remboursements d'impôt du Québec et votre crédit pour solidarité peuvent être retenus, et vous perdez l'accès au programme. Appelez avant d'en arriver là.
Garder la dette d'études petite
- Faites un budget de session : droits de scolarité, matériel, logement, transport, épicerie.
- Travaillez un nombre d'heures raisonnable : trop d'heures nuisent aux études, et un échec coûte une session de plus.
- Cherchez les bourses d'excellence et d'organismes : beaucoup de petites bourses reçoivent peu de candidatures.
- Utilisez le prêt pour les études, pas pour les envies.
Exemple : une session coûte 4 000 $. Vous avez 1 500 $ d'épargne et votre emploi rapportera 1 200 $. Il reste 1 300 $ à couvrir avec l'aide financière.
Si vos parents ont un REEE à votre nom, l'argent peut servir à payer vos études : les retraits de la partie « revenus et subventions » sont imposés à votre nom, souvent à un taux très bas. Le calculateur REEE montre comment il grandit.
Faire ses impôts quand on est étudiant
Pourquoi c'est payant
Beaucoup d'étudiants pensent inutile de faire leurs déclarations s'ils gagnent peu. C'est souvent l'inverse. Produire vos deux déclarations (fédérale et Québec) permet :
- de recevoir le crédit pour la TPS du fédéral et le crédit d'impôt pour solidarité du Québec, versés à partir de vos déclarations ;
- de récupérer l'impôt retenu sur vos paies d'été, s'il a été trop élevé ;
- d'accumuler des droits REER grâce à votre revenu de travail ;
- de garder vos crédits pour frais de scolarité pour plus tard.
Au Québec, on produit deux déclarations : une à l'Agence du revenu du Canada et une à Revenu Québec. La date limite habituelle est le 30 avril.
Les frais de scolarité
Vos frais de scolarité admissibles donnent droit à des crédits d'impôt : environ 14 % au fédéral et 8 % au Québec. Votre établissement vous remet les feuillets nécessaires : le T2202 pour le fédéral et le relevé 8 pour le Québec.
Si votre revenu est trop bas pour utiliser ces crédits cette année :
- vous pouvez les reporter et les utiliser plus tard, quand vous travaillerez ;
- une partie des frais de l'année peut être transférée à un parent (au fédéral, jusqu'à 5 000 $ de frais).
Les montants reportés ne peuvent plus être transférés ensuite : décidez chaque année, avec vos parents, de la meilleure option.
Les autres crédits à connaître
- Le crédit pour solidarité (dès 18 ans) et le crédit pour la TPS (dès 19 ans) sont versés plusieurs fois par année, selon votre revenu.
- La prime au travail du Québec complète les revenus de travail modestes.
- Les intérêts de votre prêt étudiant donnent droit à un crédit, une fois le remboursement commencé.
Un étudiant qui déménage pour étudier ou pour un emploi d'été à plus de 40 km peut, dans certains cas, déduire ses frais de déménagement. Gardez vos reçus.
Les revenus d'appoint
Tout revenu se déclare
Livraison, garde d'enfants, pige, cours privés, vente de créations en ligne, pourboires : tous ces revenus doivent être déclarés, même payés comptant ou par virement.
Si vous travaillez à votre compte, vous déclarez votre revenu net : vos revenus moins les dépenses raisonnables faites pour les gagner (matériel, commission d'une plateforme, une partie de l'usage de votre auto). Gardez vos reçus.
Vendre occasionnellement vos propres objets usagés (vêtements, meubles) n'est généralement pas un revenu d'entreprise. Acheter pour revendre avec profit, de façon régulière, en est un.
Ce qu'il faut prévoir
Sur un revenu autonome, personne ne retient d'impôt pour vous :
- mettez de côté une partie de chaque paiement (par exemple 20 à 30 %, selon votre revenu) ;
- vous paierez la part de l'employé et celle de l'employeur au RRQ sur ce revenu ;
- l'inscription à la TPS et à la TVQ devient obligatoire au-delà de 30 000 $ de ventes taxables sur quatre trimestres.
Calculez le vrai taux horaire : livrer des repas pour 300 $ avec 80 $ d'essence en 20 heures, c'est 11 $ de l'heure avant impôt.
Le guide Travailleur autonome au Québec explique les impôts, les taxes et les dépenses déductibles.
Votre premier emploi
Brut, net et retenues
Le salaire brut est ce que vous gagnez avant les retenues. Le salaire net est ce qui arrive dans votre compte. Entre les deux, votre talon de paie montre :
| Retenue | À quoi elle sert |
|---|---|
| Impôt fédéral et du Québec | Payer l'impôt au fur et à mesure |
| RRQ | Votre future rente de retraite du Québec |
| Assurance-emploi | Un revenu si vous perdez votre emploi |
| RQAP | Les prestations de congé parental |
Ces cotisations ne sont pas de l'argent perdu : elles financent des protections pour vous.
Les avantages sociaux
Un emploi peut offrir plus que le salaire : assurances collectives, régime de retraite, REER collectif avec jumelage de l'employeur, formation payée.
Si votre employeur verse un montant égal à vos cotisations au régime de retraite, cotisez au moins assez pour l'obtenir. C'est une augmentation de salaire que beaucoup de jeunes laissent sur la table.
Le premier budget
Avec une première paie régulière, trois gestes font une grande différence :
- Un virement automatique vers l'épargne le jour de la paie, même petit.
- Un fonds d'urgence de quelques mois de dépenses, dans un CELI.
- Une carte de crédit à petite limite, payée en entier chaque mois, pour bâtir votre dossier de crédit.
Le guide Faire son budget explique la règle 50/30/20, et le guide Cote de crédit comment bâtir son crédit à partir de zéro.
Compte bancaire et premier appartement
Un compte sans frais
Les banques offrent des comptes sans frais mensuels à certaines personnes, dont les étudiants et les jeunes. Demandez-le : il n'est pas toujours proposé spontanément.
Attention aux petits frais : retraits au guichet d'une autre institution, découverts, transactions au-delà du forfait. Huit retraits à 1,50 $ par mois, c'est 144 $ par année.
Vivre en colocation sans chicane
La colocation réduit beaucoup les coûts, à condition de s'entendre dès le départ :
- le bail : si tous le signent, lisez la clause de solidarité. Elle peut rendre chacun responsable de tout le loyer ;
- les factures : une entente écrite sur le partage (électricité, Internet, épicerie commune) ;
- l'assurance : chaque colocataire a besoin de sa propre assurance locataire pour ses biens ;
- le départ d'un coloc : prévoir comment il sera remplacé.
Le budget d'un premier appartement va bien au-delà du loyer : électricité, Internet, assurance, déménagement, meubles. Seul le premier mois de loyer peut être exigé d'avance : un dépôt de garantie est interdit au Québec.
Le guide Hausse de loyer et droits des locataires explique le bail, la section G et vos recours.
Questions fréquentes
Un étudiant doit-il faire ses impôts s'il ne gagne presque rien ?
Ce n'est pas toujours obligatoire, mais c'est presque toujours payant : les déclarations donnent accès au crédit pour la TPS, au crédit pour solidarité, au remboursement de l'impôt retenu, et permettent de garder ses crédits pour frais de scolarité.
Peut-on transférer ses frais de scolarité à ses parents ?
Oui, une partie des frais de l'année. Au fédéral, jusqu'à 5 000 $ de frais, moins ce que l'étudiant utilise lui-même. Au Québec, les règles sont différentes. Les montants reportés d'années passées, eux, ne peuvent plus être transférés.
Quand commence le remboursement du prêt étudiant au Québec ?
Votre institution vous envoie un avis six mois après la fin de vos études. Pendant ces six mois, vous pouvez déjà rembourser ou payer seulement les intérêts ; sinon, les intérêts s'ajoutent au prêt.
Le gouvernement paie-t-il les intérêts du prêt étudiant pendant les études ?
Oui, pendant vos études à temps plein, vous n'avez pas d'intérêts à payer sur votre prêt du Programme de prêts et bourses. Ils sont à votre charge à partir de la fin des études.
Faut-il déclarer les pourboires et les revenus d'appoint ?
Oui, tous les revenus doivent être déclarés, même payés comptant. Pour un revenu d'appoint autonome, mettez une partie de chaque paiement de côté pour l'impôt et les cotisations.
Un étudiant devrait-il cotiser au REER ?
Souvent pas tout de suite : avec un revenu faible, la déduction rapporte peu. Le CELI est généralement plus utile. Les droits REER s'accumulent quand même avec votre revenu de travail, pour plus tard.
Sources
- Rembourser son prêt – Aide financière aux études, Gouvernement du Québec
- Remboursement différé – Aide financière aux études, Gouvernement du Québec
- Crédit d'impôt pour frais de scolarité – Chaire en fiscalité et en finances publiques, Université de Sherbrooke
- T4002 et revenus d'un travail indépendant – Agence du revenu du Canada